voleur gallica

La série B des archives départementales, c'est celle des cours et juridictions de l'Ancien Régime : juridictions royales ordinaires et extraordinaires, seigneuriales, ecclésiastiques et laïques etc. Au programme donc les inventaires et ventes de meubles après décès, les contrats de mariages, les réceptions de serment pour les offices divers et variés (employés des fermes, débitant de tabac, notaires, commis, huissier, etc.), et naturellement toutes les procédures judiciaires en matière de délits et crimes. Un vrai bonheur.

Bien souvent, ces instruments de recherche d'archives antérieures à 1790 sont des inventaires sommaires... disons que l'analyse archivistique, formidablement descriptive, n'est pas aussi représentative des pièces de l'article qu'elle le laisse supposer. Ce type d'inventaire est entièrement banni aujourd'hui... mais fort utile quand, dans certains dépôts dévastés par les bombes, cela constitue les seules traces voire transcriptions de documents entièrement disparus.

Bref, lorsqu'on attaque la série B, il faut s'armer de patience et partir à la pêche... Certains de ces inventaires sont accessibles en ligne, voire OCRisés (reconnaissance optique de caractères, ce qui permet de chercher dans le document PDF).

 

 

 

Ma pêche s'est avérée relativement fructueuse dans la série B des Archives départementales du Morbihan (inventaire sommaire de la Sénéchaussée d'Hennebont en pdf), bien que l'analyse initiale était relativement sobre : "procédure criminelle contre divers particuliers accusés de vols".

Par contre, l'inventaire du Finistère en lui-même est un régal... Extraits, sans nom ni cote, juste pour l'ambiance judiciaire du XVIIIème siècle :

..., condamnée au fouet et à la marque

..., condamné aux galères à perpétuité pour avoir volé, à l'aide d'un morceau de bois plat, enduit de glue, le tronc de l'église de Nevez

..., condamné à être pendu, pour avoir volé une somme de 800 livres dans le coffre fort de la sacristie de l'église de Landunvez

..., accusés de vols de troncs et de vases sacrés dans plusieurs chapelles et condamnés à la question ordinaire et extraordinaire et à être ensuite pendus, après avoir eu le poing droit coupé au pied de la potence, et avoir fait amende honorable, nu pieds, en chemise, et la corde au cou, ayant sur le dos et sur la poitrine un écriteau portant ces mots : voleurs d'église.

..., accusé d'avoir volé avec effraction, six tourtes de pain, un bassin d'airain et autres effets ; condamné à 20 ans de galère

..., vols de vache, condamné à 40 ans de galère

..., accusé de menaces et de mauvais traitements contre le recteur et le curé de Melguen ; [l'accusé] au contraire prétend et semble prouver par témoins que c'est lui qui a été battu et maltraité parles deux prêtres dessus nommés.

..., ne vivant pas avec son mari et n'ayant pas de domicile fixe, originaire de Guéméné, accusée de différents vols ; condamnée à être fustigée, pendant 3 marchés consécutifs, dans les carrefours et faubourgs de la ville de Quimper, et au dernier jour, à être attachée au carcan pour y demeurer 3 heures, au plus fort du marché, enfin à être flétrie et marquée à la manière accoutumée, et conduite hors la ville (1730).

..., ne sait son âge, sans domicile fixe, accusé de vagabondage ; renvoyé hors d'accusation, comme « imbécile », n'ayant commis ni crime ni vol

..., 60 ans, natif de la paroisse de Riantec, évéché de Vannes, « il s'y engagea dans la milice d'où il déserta et passa chez les Vénitiens, ou ayant encore déserté, il fut condamné à servir sur les galères pendant 20 ans ; y ayant resté 15, il déserta encore et fut arresté et remis, luy et un sien camarade, entre les mains des troupes vénitiennes, qui luy firent couper le nez et l'oreille droite et le renvoyèrent encore aux galères, où il est encore resté 6 ans et d'où il se sauva une seconde fois; fut arresté par les Turcs, chez qui il a été 5 ans esclave, après lequel temps, il s'est encore sauvé et a repris party parmi les Vénitiens, à qui il a encore déserté et passé en France »;  accusé de vagabondage et de mendicité, renvoyé hors d'accusation (avril 1723)

..., ex-huissier des eaux, bois et forêts de Blois, y demeurant avec sa femme et ses enfants, accusé de vagabondage, renvoyé hors d'accusation (1761)

..., 60 ans, laboureur, demeurant paroisse de Combrit,accusé d'avoir incendié la maison et les effets de Jacques Jozach au lieu de Kergrand, paroisse de Combrit, condamnation de Le Run aux galères à perpétuité (à éclaircir, car il semble que ce soit un vague cousin celui-ci !)

..., accusés d'avoir fabriqué et distribué de fausses pièces de 6 et 3 livres, condamnés « à faire amende honorable, nuds en chemise, la corde au col, tenant en main une torche de cire ardente de 2 livres, audevant de la porte et principale entrée de l'église cathédrale de Saint Corentin, où ils seront menés par l'exécuteur de la haute justice, ayant chacun un écriteau devant et derrière portant ces mot « faux monnayeur », et la tete nue et à genoux, déclarer qu'ils se repentent desdites fabrication et exposition de fausse monnaie, qu'ils en demandent pardon à Dieu, au roy et à la justice, et à être pendus et étranglés, jusqu'à ce que mort s'ensuive, à une potence qui, pour cet effet, sera dressée au lieu ordinaire, en la place publique de cette ville, préalablement lesdits Montestier et Favren appliqués à la question ordinaire et extraordinaire, pour avoir rélévation de leurs complices (1763).

 

Sources et liens

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